Recommandations et positions des sociétés savantes en cardiologie face à la crise sanitaire

Depuis le 31 décembre 2019 et l’identification des premiers cas de Covid-19, la pandémie s’est propagée et a causé plus d’un million de morts dix mois plus tard. Face à l’accroissement rapide du nombre de cas, les unités de soins se voient souvent saturées. Parmi les patients atteintes de COVID-19, 15 % d’entre eux développent des formes graves de la maladie, pouvant entraîner jusqu’à 70 % des décès.

En matière de cardiologie, l’ARS Île-de-France a rédigé une doctrine pour faire face à ce phénomène inédit et prendre en charge les patients atteints de maladies cardiaques chroniques, stables ou aiguës. Cette patientèle, notamment celle rencontrant des problèmes cardiaques importants, est principalement considérée comme présentant de graves risques de comorbidité face à l’infection virale de la COVID-19. Retour sur les recommandations de prise en charge fourniers par l’ARS Île-de-France pour cette population particulièrement fragile en période de déconfinement.

Les mesures à prendre en établissement de santé (ES)

En situation épidémique, les mesures et services de soins atteignent généralement un seuil de saturation critique. Malgré le déconfinement et un désencombrement progressif des unités médicales, chaque établissement en cardiologie doit élaborer un plan de déploiement pour exercer de manière optimale. En fonction des évolutions, les ARS invitent les professionnels à remettre à jour le Répertoire Opérationnel des Ressources à chaque mouvement de patient.

Les autorités de santé recommandent également d’allouer 20% de la capacité en soins critiques aux interventions non COVID-19. Néanmoins, en fonction des possibilités matérielles et humaines, les SSR en cardiologie peuvent prendre en charge les patients non COVID-19 pour améliorer la fluidité du parcours.

Dans tous les cas, les ES doivent s’organiser afin de prendre en charge la patientèle de manière sécurisée en s’assurant d’une hygiène renforcée.

Enfin, un secteur dédié aux confirmations diagnostiques dans les ES pour les patients suspects de COVID-19 est primordial pour bien les orienter et ne pas créer une source de contamination virale dans un service non COVID-19.  L’erreur d’orientation est préjudiciable aux structures médicales, d’où la nécessité d’un effort de confirmation de la part des équipes en cardiologie.

La cardiologie de ville, rouage essentiel dans la bonne prise en charge des patients

En parallèle d’une attention portée à l’épidémie de la COVID-19, la cardiologie de ville se doit de veiller à la bonne continuité des soins pour les patients atteints de pathologies cardiaques chroniques (prise des traitements de fond, surveillance des signes de décompensation, suivi personnalisé, etc.).

Ces professionnels ont également un rôle essentiel à jouer dans la redirection de la patientèle la plus à risque auprès du SAMU, des hôpitaux et cliniques privées.

Enfin, en cas d’hospitalisation, les ARS demandent de développer des filières directes entre médecins de ville (cardiologues et généralistes) et cardiologues hospitaliers pour éviter le passage aux urgences et accélérer la prise en charge adaptée.

Une attention particulière pour les patients les plus à risque

La patientèle la plus à risque d’un point de vue cardiaque, pour laquelle on se doit  d’accorder une attention particulière, est définie de la manière suivante :

  • Avoir plus de 70 ans
  • Être porteur d’une cardiomyopathie avec insuffisance cardiaque ou dysfonction du myocarde
  • Être diabétique ou avoir une hypertension artérielle difficile, une insuffisance rénale chronique, une maladie pulmonaire chronique, une cirrhose au stade B, une obésité importante, etc.
  • Être transplanté ou avoir une immunodépression
  • Être en attente d’une chirurgie cardiaque
  • Être enceinte et au 3ème trimestre de grossesse

Le suivi de ces personnes particulièrement fragiles dépend des recommandations nationales et des processus en vigueur au sein de l’établissement en cardiologie. Lors d’une venue en structure hospitalière, il est conseillé pour ces patients à risque de porter un masque chirurgical et il est indispensable de respecter les mesures d’hygiène au maximum.

Enfin, en cas de fièvre, gêne respiratoire, ou de douleurs thoraciques ces personnes fragiles doivent se signaler au centre 15 pour se faire dépister et ne pas freiner les délais de prise en charge.