La crise de la COVID-19 vue par les patients et radiologues libéraux

Dans un rapport paru le 2 octobre dernier, la FNMR a souhaité donner la parole aux médecins radiologues et aux patients, au regard de la crise sanitaire qui impacte de nombreux secteurs en France.

En cette période particulière, la fédération rappelle le rôle essentiel de la radiologie libérale française dans le diagnostic par scanner thoracique des patients touchés par la COVID-19 mais aussi dans le suivi des pathologies chroniques ou des urgences. Il est à savoir que la France possède un retard conséquent par rapport à ses voisins européens : l’Allemagne compte par exemple un parc de scanners et d’IRM trois fois plus que la France, ce qui remet en cause une prise en charge optimale.

Analyse de la situation, conséquence sur l’activité en imagerie médicale, prise en charge des patients COVID et non-COVID, quelles sont les propositions émises par le collectif d’experts, rassemblé dans le cadre de cette parution ?

Le point de situation et les recommandations émises par la FNMR

La publication d’octobre 2020 aura été l’occasion pour la FNMR de faire un réel bilan de la situation et d’apporter un éclairage précieux sur la gestion de la crise par le gouvernement.

Se basant sur le vécu et les témoignages des radiologues, ce bilan est abordé sous deux facettes : institutionnelle et médicale. En effet, l’analyse consiste à mettre en lumière les différentes pathologies à prendre en charge, COVID et hors-COVID.


En cela, La FNMR a formulé dix propositions pour améliorer la prise en charge des patients :

1 – Reconnaître le rôle central de la radiologie dans la gestion d’une crise majeure
2 – Développer le parc scanners et I.R.M. pour rattraper le retard français face à ses voisins européens
3 – Densifier le maillage territorial de proximité des centres d’imagerie
4 – Attribuer du statut de professionnel de santé aux manipulateurs
5- Reconnaître le rôle des secrétaires médicales
6 – Assurer une équité entre les professions de santé des secteurs public et privé
7 – Assurer une meilleur disponibilité des équipements de protection
8 – Développer l’ergonomie des dispositifs usités en radiologie

9 – Renforcer la prise en charge des patients non COVID en ce contexte inédit
10 – Intégrer les médecins radiologues exerçant dans le secteur libéral dans les différentes structures d’organisation territoriale de l’offre de soins.

Coronavirus et imagerie : un révélateur de l’intelligence collective et du fonctionnement d’un système de santé.

Sébastien Thiriat, médecin radiologue à Hagueneau a profité de ce document pour dresser un premier bilan de la crise sanitaire. Outre les impacts sur son activité professionnelle, il regrette notamment le manque d’indications claires de la part des pouvoirs publics. Toutefois, la situation a mis en lumière un développement de nouvelles synergies et coopérations locales entre la Ville et l’Hôpital :

« Nous avons optimisé notre mode de fonctionnement pour protéger la santé de nos employés et celle de nos patients, quitte à réduire notre volume de consultations. Dès les premiers jours, nous avons adopté des règles strictes en matière de sécurité et d’hygiène, en espaçant les rendez-vous et en équipant nos secrétaires d’hygiaphones. Nous avons également mis du gel hydroalcoolique et des masques de protection à la disposition du public. Pour limiter les risques, nous nous sommes rapidement concentrés sur les actes les plus urgents, notamment en oncologie. »

La mise en place de ces initiatives visait à diminuer au maximum les possibilités de contagion, sans pénaliser la santé des plus fragiles. Pour autant, Sébastien Thiriat a également regretté le manque d’approvisionnement de matériel médical, même si sa structure radiologique a réussi à faire face à la pénurie.

Le confinement a également eu un impact direct à l’accès aux soins : le niveau de fréquentation a baissé d’environ 70 % dans l’unité radiologique de Sébastien Thiriat. Si la majorité de ces renoncements aux soins ne nécessitaient pas de soins urgents, quelques situations cliniques dégradées, fragilisant les patients atteints de pathologies hors-COVID.

Malgré le contexte, ces événements auront été un révélateurs de l’intelligence collective, notamment à l’échelon local. En l’absence de recommandations officielles de la part des autorités sanitaires, les services de radiologie ont su développer des collaborations spontanées, intelligentes et efficaces entre la ville et l’hôpital, dans l’intérêt des patients.

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