Gestion des risques en radiologie interventionnelle

Que vous soyez radiologue ou manipulateur, votre activité peut présenter différents types de risques (physiques, biologiques, surexposition aux radiations ionisantes, etc.) qu’il convient de détailler. La mise en place de processus de travail adaptés est une priorité au quotidien pour exercer en toute sécurité. Retour sur l’ensemble des risques que vous pouvez rencontrer et sur la manière de les gérer.

Les quatre principaux risques en imagerie médicale

L’évolution de la médecine en radiologie entraîne une utilisation d’appareils pour le diagnostic et la radiothérapie des patients de plus en plus nombreux. Le cadre de votre activité nécessite de prendre en compte ces risques majeurs :

  1. Risques radiologiques : l’ensemble des risques liés à l’exposition aux rayons X et gamma. Leurs radiations peuvent être dangereuses, car ils passent facilement la barrière cutanée, peuvent détériorer l’ADN et détériorer les fonctions reproductrices pour le praticien, le manipulateur ou le technicien radiologue. De plus, des risques plus tardifs peuvent survenir comme différents cancers (thyroïde, leucémies, cancer des os, etc.)
  2. Risques chimiques : ils peuvent être entraînés par l’utilisation de produits de contrastes, détergents, produits photographiques ou autres gants en latex. Ces usages sont susceptibles de générer des affections cutanées comme certaines allergies, des dermatoses irritatives ou des troubles respiratoires et sensoriels
  3. Risques physiques : votre activité professionnelle peut faire l’objet de gestes répétés et de postures contraignantes. Elles vous exposent à des troubles musculo-squelettiques (dorso-lombalgies, cervicalgies, tendinopathies des membres supérieurs …). Les risques sont accrus lorsque le patient présente des formes d’invalidité (âge, handicap, etc.), nécessitant un effort de prise en charge plus important.
    Le travail en lumière artificielle et en permanence sur les écrans engendre également une fatigue visuelle (picotements, rougeurs oculaires, maux de tête). Il faut en prendre conscience pour trouver des solutions et aménager un espace de travail plus adapté.
  4. Risques biologiques : En période de crise sanitaire, ce risque est à prendre d’autant plus en compte. En effet, un patient peut avoir une sérologie positive sans le savoir (Covid-19, hépatites virales, SIDA, infections pulmonaires ou bactériennes). Tous les actes invasifs et les consultations diverses provoquent alors un risque de propager et développer des virus et agents infectieux. Le sang, les sécrétions salivaires et la toux en sont les principaux vecteurs de transmission et peuvent présenter des risques dans votre cabinet de radiologie médicale.

Les moyens de protection pour pallier les risques radiologiques

Pour mettre en place des Fiches de Données de Sécurité, à obligatoirement mettre à disposition vos équipes, toutes les dimensions de risques sont à prendre en compte. Ils existe de nombreuses recommandations, émanant d’institutions comme la SF2H. Vous avez également votre rôle à jouer pour prendre les mesures de précaution nécessaires et contribuer au confort et à la santé de votre personnel. Afin de co-rédiger et d’appliquer ce document, une personne compétente en radioprotection (PCR) doit d’abord être désignée. Elle sera notamment en charge de respecter la réglementation de l’accès aux zones à risque radiologique, de surveiller l’exposition aux rayons X et gamma de son personnel et d’être en veille sanitaire constante pour mettre à jour ces registres de sécurité.

D’un point de vue sanitaire un strict respect des procédures s’impose :

  • Nettoyer très régulièrement vos appareils et son cabinet et mettre à disposition des solutions de désinfection pour votre personnel
  • Utiliser des instruments à usage unique
  • Au sein des vestiaires, les tenues de ville et de travail doivent être stockées séparément
  • Utiliser les conteneurs de collecte adaptés pour éliminer les matériels de soin ayant été en contact avec le patient (coton, compresses …) en veillant à bien séparer les produits piquants, coupants, tranchants (PCT) destinés au circuit de collecte DASTRI.

Côté ergonomie, des dispositifs comme des chariots de soins, ou des tables d’examen réglables en hauteur et en inclinaison permettent de réduire grandement la pénibilité du travail de vos équipes.Pour en savoir plus sur toutes les mesures à mettre en place pour garantir la santé et la sécurité au sein de votre cabinet, vous pouvez consulter le dossier complet d’Officiel Prévention.